Né en 1941 à Waco, Texas (États-Unis), et décédé en 2025 à Water Mill, New York (États-Unis), Robert Wilson, a travaillé au Cirva entre 1994 et 2003.
Robert Wilson dans l’atelier du Cirva, 2003. Photo : Cirva
– Concept 1, Concept 2, Concept 3, Concept 4, Concept 5, Concept 6, Concept 7, Concept 8 (Solid Glass), 1994–2003.
2007–2008
– « Cirva – de l’atelier à la chapelle », chapelle de la Vieille Charité, Marseille, France
2012
– « Regard sur l’atelier, le Centre international de recherche sur le verre et les arts plastiques », vitrines du ministère de la Culture, Paris, France
2013
– « Mon île de Montmajour », Abbaye de Montmajour, Arles, France, dans le cadre de Marseille-Provence 2013, Capitale européenne de la culture
2016
– « Robert Wilson – Glass Works », galerie Downtown – François Laffanour, Paris, France
2017
– « Une maison de verre – Le Cirva, Centre international de recherche sur le verre et les arts plastiques », musée Cantini, Marseille, France
– « Robert Wilson – Solid Glass », théâtre de la Criée, Marseille, France
2018
– « Una fornace a Marsiglia. Cirva », Le Stanze del Vetro, Venise, Italie
2023
— « Parade : la collection et ses invité·e·s », [Mac] musée d’Art contemporain, Marseille, France, à partir du 7 avril
Plasticien et metteur en scène pour le théâtre et l’opéra, Bob Wilson réalise une œuvre pluridisciplinaire en passant par tous les médiums. Il participe pleinement à l’émergence des avant-gardes artistiques américaines dans le courant des années 1960, notamment aux côtés de Trisha Brown et de Merce Cunningham. Bob Wilson poursuit depuis ses débuts des collaborations riches avec différentes personnalités de renom : artistes, écrivains, musiciens et danseurs. En 1976, il marque la scène artistique internationale avec Einstein on the Beach conçue en association avec Philip Glass et Lucinda Childs. Son théâtre et ses opéras sont signés par ses créations de lumières très singulières, par l’accent mis sur l’autonomie d’un mouvement, ainsi que par la rigueur classique de ses pièces scéniques, incluant le mobilier. Il séjourne au Cirva régulièrement de 1994 à 2005.
S’étalant sur une dizaine d’années environ, le travail de Bob Wilson au Cirva représente comme un mouvement, une sorte de flux traduisant le dialogue entre l’artiste et le souffleur. Bob Wilson a l’opportunité de travailler en collaboration avec le souffleur italien Lino Tagliapietra, un maître verrier mondialement reconnu, qui vient alors prêter main-forte au Cirva. Leurs forces de concentration respectives se rejoignent immédiatement. Partant toujours du dessin qu’il accomplit dans l’atelier à l’aide de pastels gras, les formes qu’il imagine construisent peu à peu un ensemble qui tend à définir une échelle de valeur sur l’idée de la lumière, allant de l’opacité à la translucidité. Ce travail pour le verre se rapproche de tout l’univers de l’artiste qui accorde une importance sans limite à l’éclairage dans ses spectacles et ses mises en scène. La façon dont le verre diffuse la couleur, dans toutes les finesses de ses états, fait aussi partie du projet de chaque nouveau vase. En tout, quelque quatre-vingts formes seront soufflées ou coulées, ces dernières expérimentations étant destinées à être présentées à même le sol, comme des pierres ou des cailloux.
Bob Wilson accorde une importance particulière au plaisir du matériau : « J’aime la céramique car je pense que cela doit être merveilleux d’avoir dans ses mains l’argile et la terre mais je préfère largement le verre. Paradoxalement, avec le verre, la lourdeur et la légèreté peuvent être extrêmes. J’aime la rigueur de la courbe que le verre procure, comme on la retrouve en géométrie. [1] »
Comme dans tout projet exigeant, la sélection et la mise à l’épreuve de chacune des pièces conduisent presque systématiquement à recommencer, cette action induisant nécessairement une série de variations : pour Bob Wilson, cela devient un Concept. Il décide ainsi d’expérimenter des techniques et des effets de matières très différents : « J’ai travaillé avec les contraires - la lumière comme sculpture pour une installation, le son convoqué pour un arrangement architectural dans le temps et dans l’espace. J’ai également essayé des pièces d’usage courant, aussi traditionnelles que des vases en verre. L’esthétique de ces pièces négocie avec les opposés ou les contrepoints légerlourd, opaque-translucide, fonctionnel-non fonctionnel. Il y a là toutes les caractéristiques de la plupart de mes œuvres. [2] »
À la suite de Lino Tagliapietra, se sont sont succédé au Cirva pour réaliser les pièces de Bob Wilson plusieurs souffleurs chevronnés : Naomi et Fumiaki Uzawa, Jeff Zimmerman, Pavel Cajthamel, Matteo Gonet et David Veis.
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[1] Entretien avec Françoise Guichon, dépliant pour l’exposition Robert Wilson - Glass Works, du 21 octobre
[2] L’artiste, l’atelier, le verre, éditions Xavier Barral, Paris, 2007
- Marseille Artistes Associés, 1977–2007, Musées de Marseille/Archibooks, 2007.
ISBN : 978-2-915639-81-0 - L’artiste, l’atelier, le verre, éditions Xavier Barral, 2007.
ISBN : 978-2-915173-14-7 - Mon île de Montmajour – Christian Lacroix, Actes Sud/CMN, 2013.
ISBN : 978- 2-330-01933-4 - Une maison de verre – Le Cirva, Parenthèses/Musées de Marseille, 2017.
ISBN : 978-2-86364-317-4 - Una fornace a Marsiglia. Cirva, Skira, 2018
ISBN : 978-88-572-3804-3